le Blog Images d'Eric Lafon

27 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 9 : l'affiche "Ils ont osé!"

La semaine d’entre les deux tours d’une élection municipale est courte politiquement. Avec la date limite de dépôt des candidatures 48 heures après la proclamation des résultats du premier tour, les listes ayant obtenu 10% des suffrages exprimés doivent rapidement choisir entre le maintien et les possibles fusions de listes.

C’est ainsi que les listes Bessac/Dufriche-Soilihi ont décidé de fusionner rejoint par le candidat officiel du Parti socialiste, Razzy Hammadi, tandis que celle conduite par Jean-Pierre Brard (« Montreuil j’y crois ») et celle de Mouna Viprey « Elire Montreuil » ont décidé de se maintenir séparément. La candidate de la droite et du centre, Manon Laporte, quant à elle, forte de son bon score n’a pas eu longuement à réfléchir, seul en lice à droite, le second tour est une opportunité, pour elle, d’améliorer son résultat du premier tour.

Une semaine de campagne donc, c’est trop court pour éditer une nouvelle affiche. Et tous les candidats en lice ont fait recoller leurs affiches de campagne.

A ceci près, que l’affiche de Patrice Bessac s’est alourdie de quelques sigles de partis politiques et d’une kyrielle de sigles plus ou moins inconnus par l’électeur non sans rappeler l’affiche publicitaire pour une course automobile.

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C’est Jean-Pierre Brard qui a pris l’initiative d’une nouvelle affiche au titre lourd de sens : « Ils ont osé ». L’affiche stigmatise l’accord Bessac/Dufriche-Soilihi/Razzy Hammadi, que l’on voit assis à une table. La photographie est barrée, chapeautée par ce titre « l’alliance Hammadi-Bessac-Dufriche-Soilihi » et légendée : «C’est Voynet qui continue, c’est la politique de Hollande qui s’applique». Au total donc pas moins de 5 noms de personnalités politiques à caractère stigmatisante pour la liste « Montreuil j’y crois » sont citées dans cette affiche. Les trois candidats du premier tour attablé, avec stylo et papier, illustrent à eux seuls les « accords » au sommet, démontrant ici l’incongruité du rapprochement, pire par le « ils ont osé », l’impensable. Illustration pour les auteurs de ce montage (photographie et texte) de la politique politicienne éloignée des préoccupations des électrices et électeurs. Nous sommes ici dans le registre de la dénonciation et de la révélation publique d’un fait que les protagonistes n’ont d’ailleurs pas voulu secret. L’affiche de P. Bessac assume d’ailleurs l’union de ceux qui hier s’affrontaient par voie d’affiches et sur les plateaux de télévisions. A l’intention de l’électeur les auteurs de l’affiche « Ils ont osé » ont ajouté les noms de la maire sortante, Dominique Voynet et du président de la République, François Hollande, auxquels sont associés nos trois protagonistes « surpris » en pleine négociation. La stigmatisation de l’adversaire ou du concurrent jusqu’à la dénonciation du « danger » ou dans ce cas précis « la trahison » qu’il incarne est un procédé souvent utilisé lors des campagnes électorales. Ici, le procédé violent - stigmatiser l'adversaire- participe d’une certaine manière à la dénonciation des « ripoux de la politique », de « l’UMPS » ou il y a quelques temps d’un nécessaire « coup de balai » à donner. Dimanche prochain, les électrices et les électeurs s’exprimeront.

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21 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 8 : Affiches collées le 21 mars 2014

 

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Ce matin 21 mars 2014 à 8h50 le Panneau était recouvert par un bandeau "Mouna Viprey" et côté à côte une affiche de la candidate Manon Laporte et l'autre de la candidate de la liste "Elire Montreuil", Mouna Viprey. On distingue dessous un morceau d'affiche du candidat Front de gauche, Patrice Bessac, et surtout la grande affiche-portrait du candidat Ibrahim Dufriche Soilihi.

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A 10h30 en partant vers un rendez-vous professionnel j'ai pris cette photo du panneau recouvert par les affiches du candidat "Montreuil j'y crois", Jean-Pierre Brard. A mon retour au Parc Montreau à 14h30, le panneau n'avait pas été modifié. Mais à 17h30 en allant prendre le Bus 122 le panneau avait changé de "couleur".

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L'affiche du candidat officiel du Parti socialiste, Razzy Hammadi occupe le haut du panneau. Les affiches précédentes de J.P. Brard ont été arrachées, laissant réapparaître le visage de Mouna Viprey. Celui de Manon Laporte a été emporté avec l'affiche de "Montreuil j'y crois".

Cela risque de changer encore dans la soirée et demain toute la journée jusqu'à minuit, heure à laquelle, suivant la loi, les candidat-e-s en lice n'ont plus droit de coller. Devant les bureaux de vote les panneaux électoraux ont été installés et ont accueilli dans l'ordre (après  tirage au sort) les affiches de toutes les listes concurrentes au 1er tour de l'élection municipale. Ces panneaux officiels donnent généralement lieux à diverses expressions allant de l'arrachage pur et simple, aux graffitis de toutes sortes (du plus insultants et grossiers généralement réservés aux candidates aux plus outranciers voir racistes et xénophobes), en passant par quelques opinions inscrites au marqueur elles aussi des plus variées, des plus terre à terre à celles exprimant un vrai point de vue politique.

Alors que le panneau d'expression libre est un des lieux de l'affrontement électoral entre colleurs concurrents et/ou adversaires, le panneau officiel semble plus accueillir et témoigner de l'affrontement entre les "partisans" et militant-e-s des différentes listes. La "dégradation" de l'affiche du panneau officiel participe de cette lutte électorale durant laquelle tous les coups sont permis, d'autant plus qu'elle garantit l'anonymat. Cette dégradation par l'ajout sous forme d'un dessin, d'un mot, d'une phrase, et qui peut demeurer le jour du scrutin joue-t-elle sur l'électrice/l'électeur se rendant au bureau de vote? Ne réaffirme-t-elle pas un peu plus le choix décidé par 2 électeurs/trices sur trois au moment ou il se rend à son bureau de vote? La dégradation peut susciter le rire par son caractère moqueur, le dégoût, la confirmation d'une opinion : une moustache hitlérienne sur le visage de J.M. Le Pen confirme l'électeur/trice de gauche et d'extrême gauche, que le FN est un parti qu'il/elle considère comme fasciste. Dès lors, la dégradation de l'affiche déstabilise-t-elle l'électeur/trice qui se rend aux urnes? C'est peu vraisemblable.

 

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20 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 7 : La liste anticapitaliste

A J-4, (mardi 18 mars) du premier tour de l’élection municipale, le panneau « expression libre » à quelque pas de l’entrée du Parc Montreau a changé 3 fois d’affichage en l'espace d'une heure .

Dès le début du mois de mars le rythme d’affichage s’est accéléré et tour à tour ce sont les colleurs de P.Bessac, de J.P. Brard,  d’Ibrahim Dufriche, de Mouna Viprey qui rivalisaient et continuent  de se coller les uns sur les autres. A quelques jours du scrutin la « bataille des murs » auxquels se sont joints quelque fois les colleurs d’affiches du candidat R.Hammadi et ceux de M. Laporte a donc pris un rythme plus soutenu. Il n'est plus utile de le démontrer : l'affichage électoral et la "tenue des murs" demeurent en politique important comme médiation entre "le politique" et "l'électeur".

L’arrachage s’est lui aussi manifesté avec plus de vigueur et continuera jusqu’à l’heure fatidique de l’interdiction de coller soit la veille du scrutin à minuit. Cette intervention brutale sur le collage du concurrent, je l’ai déjà dit, est commune à toutes les campagnes. Il précède généralement la venue d’une équipe pour recoller sur le concurrent, encore plus sur l’adversaire.

Cela dit s’est bien le collage et la tenue du panneau à son profit qui demeure le plus important. Laquelle des équipes de collage aura le dernier mot ? Samedi 23 mars à minuit tout se jouera...et quelques heures après, très certainement. Car il est important de tenir les panneaux de libre expression le jour du scrutin.

Le panneau du Parc Montreau ainsi que tous les autres de la ville se recouvriront peut-être entre les deux tours de deux ou trois nouvelles affiches pour susciter le choix, l’adhésion, « séduire » pour ce faire élire.

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La liste soutenue par le NPA

Il n’aura été recouvert qu’une seule fois par la liste Montreuil Anticapitaliste et Solidaire, soutenue par NPA. L’affiche d’un petit format est collée sans en dessous de celle de Razzy Hammadi et pas dessus et recouvre en partie celle de Mouna Viprey, d'ores et déjà recouverte par celle du candidat officiel. D’un plus petit format on la distingue difficilement. On peut lire toutefois l’intitulé dont chaque début de mot forme une initiale pour former comme le nom d’un parti M.A.S illustré d’un point fermé qui n’est pas sans rappeler le graphisme des années 1968, des Ateliers des Beaux-Arts. Soutenue par le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste), la liste n’affiche pas volontairement une tête de liste mais 2 porte-paroles : Aline Cottereau et François Mailloux. Ce dernier a été plusieurs scrutins consécutifs le candidat des listes soutenues par la LCR. Une seule affiche collée, un seul collage repéré, une conception amateur, visiblement les moyens engagés ne sont pas les mêmes que ceux des autres listes. En plus, culture révolutionnaire oblige, mêlant antistalinisme d’héritage et tendance anarcho-syndicaliste, il n’est pas question que la tête de liste, en l’occurrence, Aline Cottereau, s’affiche seule. Le titre de « porte-parole » exprime bien d’ailleurs la primauté donné au collectif plutôt qu’à l’individuel. Elle est même accompagné de l'un de ses camarades en la personne de F. Mailloux. Or l’affichage électoral à Montreuil, comme partout en France, a surtout mis en avant la tête de liste. Le Front de gauche y compris qui a tantôt présenté un collectif, tantôt présenté en affiche le seul visage de Patrice Bessac, a, fini par n’afficher que son candidat « tête de liste ».

Ce sont bien des visages clairement identifiés, parfois dans le cas de Mouna Viprey surtout mis en avant, que l’on a pu voir se succéder dans cette bataille d’affiche.

 

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02 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 6 : Ibrahim Dufriche Soihili

Après le retrait de Dominique Voynet, les écologistes montreuillois d’EELV se sont mis en quête d’un(e) autre candidat-e. A l’issue d’une primaire, Ibrahim Dufriche Soilihi est arrivé en tête avec 55% des voix.

Entrepreneur de 51 ans, Ibrahim Dufriche Soilihi est d’origine comorienne. Il est le petit-fils adoptif de Marcel Dufriche qui fut maire PCF de Montreuil entre 1971 et 1984. Il est le cinquième candidat issu de la gauche montreuilloise et troisième socialiste en lice avec le candidat officiel du PS, Razzy Hammadi, et l’ancienne candidate PS, Mouna Vipry tête de liste de « Elire Montreuil ». Toutefois, c’est à la tête d’une liste écologiste qu’Ibrahim Dufriche fait campagne. Cela n’a pas empêché quelques jours après sa désignation de voir une neuvième liste, écologique et citoyenne « Montreuil mi amor » se positionner pour les prochaines municipales.

Comorien d’origine, il est avec Razzy Hammadi, le second candidat de la « diversité ». Dans cette ville qu’est Montreuil avec son tissu de populations riches de nombreuses immigrations, cela peut-être un atout, mais aussi un vrai défi à relever vis-à-vis des conservatismes de l’électorat qui se manifestent en France en matière d'identité nationale ayant plus que du mal à accepter la diversité de populations, de cultures, de religions, qui la définissent aujourd’hui, au XXIe siècle.

Mais l’électorat peut aussi apprécier cette diversité qu’il incarne jusque dans l’association de son prénom (Ibrahim) et de son nom (Dufriche-Soilihi) illustrant son histoire personnelle, celle d’un enfant adopté.

Second handicap, à notre avis, de ce candidat : sa notoriété. Il est le moins connu des candidats à gauche, quand bien même qu’il appartienne aux réseaux militants socialistes, et qu’il réside à Montreuil depuis plus longtemps que Razzy Hammadi.

PH_24fev_basPM_C_10h00_bd photographie du panneau situé au bas du Parc Montreau

Aussi, l’originalité de son affiche est un atout. Pas de vue de Montreuil en fond, pas de certitude (« Montreuil j’y crois), ou de volonté (« Elire Montreuil), pas de positionnement (« Montreuil en mouvement ») ou de changement identifié politiquement (« de gauche et unis le renouveau à Montreuil ») mais « une belle IDée pour Montreuil » jouant sur les premières initiales du candidat.

Les couleurs sont choisies harmonieusement (vert, bleu et rouge) pour être discrètes, par simple touche (liseré bordant les contours de l’image et dans les initiales). Les deux lettres « I » et « D » sont alternativement verte ou rouge. La photographie (un portrait très souriant, d’un homme au physique agréable et doux) est décomposé en élément graphique (deux lettrines) : à ce visage l’observateur-électeur ne manquera pas d’associer les deux lettres initiales et le message électoral apaisant, presque apolitique : « une belle idée pour Montreuil ».

26 février 2014, 7h30. En compagnie de Manon Laporte

Dans un paysage riche d’affiches très marquantes, cette dernière se distingue et marque son originalité. C’est indispensable en communication et en marketing politique. A ceci près, que l’originalité ne doit surtout pas vous mettre « à part ». L’originalité doit conduire à l’identification nette et précise au sein du jeu des rivalités et des concurrences, pas vous en exclure.

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22 février 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 5 : Razzy Hammadi

Après les deux listes d’émanations communistes, celle de Jean-Pierre Brard et celle de Patrice Bessac, deux listes socialistes sont en concurrence pour les prochaines municipales de mars 2014, celle de Mouna Viprey et celle de Razzy Hammadi, candidat officiel du Parti socialiste.

Agé de 35 ans, Razzy Hammadi est un ancien président du Mouvement de la Jeunesse socialiste (2005-2007). Il est élu député en 2012 dans la 7ème circonscription de Seine-Saint-Denis qu’il ravit à Jean-Pierre Brard. Après s’être présenté aux municipales à Orly (Val-de-Marne) en 2008, d’avoir tenté les régionales dans le Var en 2009, d’essuyer un échec dans le Calvados et d’avoir été pressenti comme adversaire de Marine Le Pen à Hénin-Beaumont, Razzy Hammadi s’est finalement posé à Montreuil, ville dans laquelle il réside depuis 2010. C’est en décembre 2012 qu’il fait acte de candidature aux municipales.

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Sa première affiche collée, plutôt un « bandeau » annonçait la tenue d’un meeting le jeudi 19 décembre « au Palais des congrès de Montreuil en présence de Claude Bartolone et de Benoît Hamon ». Sa campagne d’affiches s’articule autour d’un slogan « Montreuil en mouvement » qui renvoie évidemment comme tous les autres à un site internet sur lequel on vous invite à prendre part à la campagne.

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Puis une véritable affiche est sortie d’une facture classique à l’instar de celles de JPB, Bessac et de Manon Laporte (UMP) : un visage, un visuel en fond censé nous rappeler Montreuil, un slogan pour Montreuil. Le candidat officiel du Parti socialiste pose en costume-cravate, et porte des lunettes qui lui confèrent un statut « sérieux », « rigoureux », « mature », voire, c’est une impression, « docte ». Un côté « Docteur Razzy Hammadi ».Nous sommes dans l’affiche traditionnelle véhiculant les fondamentaux conservateurs de la représentation républicaine…française : « maturité », « présentation soignée », port du costume à l’occidental et cravate obligatoire.

N’oublions pas que Razzy Hammadi fut présenté –l’est-il encore ? – comme un candidat de la diversité – le PS a même débattu et décidé d’une cartographie de circonscriptions de la diversité.

 Enfin, si le collage fut au cours des mois de novembre à janvier très épisodiques, il est depuis février systématique recouvrant tous les candidat-e-s. Si bien que le duel Bessac/JPB des premiers temps a fait place au duel Viprey/Hammadi.

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collage "Razzy Hammadi" arraché.

Prochainement je présenterai la campagne d’affiches du 5ème candidat de gauche à Montreuil : Ibrahim Dufriche Soilihi, socialiste, tête de liste « Ensemble pour Montreuil, liste écologiste et citoyenne.

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15 février 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 4 : Patrice Bessac et Jean-Pierre Brard

Lire épisode 1

Voir l’album photographique

 

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Quelques jours après que Dominique Voynet ait annoncé qu’elle ne se représenterait, nous étions à la fin novembre 2013, l’équipe autour de Jean-Pierre Brard collait sur le panneau une première affiche « Ma ville j’y crois » et une affiche avec le portrait du candidat. Elle fut recouverte par l’équipe de Patrice Bessac, candidat du Front de gauche. A partir de ce moment-là le panneau fut systématiquement recollé par l’une et l’autre équipe. Le ton était donné et annonçait une concurrence rude entre les deux candidats. Le recollage systématique s’est accompagné durant tout le mois de décembre d’un arrachage tout aussi systématique. Je rappelle que le simple arrachage de l’affiche du « concurrent » ou « adversaire » est assez classique dans les pratiques militantes. Il est même pratiqué parfois par le passant. Arracher une affiche contribue, en effet, à rendre illisible le message et le marquage politique du candidat mais aussi à rendre visible une manifestation d’hostilité. Les équipes politiques autour du candidat veillent donc à ne jamais laisser un panneau sur lequel on peut voir son affiche arrachée ou pire « gribouillée ». On a pu voir d’ailleurs le candidat Patrice Bessac affublé d’un nez rouge de clown, ajouté par le(s) camp(s) adverse(s).

Ce duel par affiche interposée, ne fut que quelquefois interrompue durant le mois de décembre/janvier (comme vous pouvez le voir dans l’album photographique) par un collage de l’équipe « Elire Montreuil- Mouna Viprey », plus rarement par celle de « Montreuil en mouvement – Razzy Hammadi ». L’âpreté qui s’exprime par cette bataille d’affiches illustre parfaitement la nécessité en campagne de « tenir les murs », dont je souligne l’importance dans le premier post sur ce blog. Parce qu’il est nécessaire que l’observateur/électeur identifie parfaitement chaque camp. D’ailleurs c’est pour cela que l’équipe Bessac a jugé nécessaire d’accompagner dans un premier temps ses collages d’un bandeau précisant que « Patrice Bessac » était le seul candidat « Front de gauche », J.P. Brard usant d’une confusion avec son « Front De Gauche Montreuil ». Le panneau d’affichage est-il le lieu pour apporter à l’observateur/électeur cette précision d’ordre politique ? Je ne pense pas. Le passant ne s’arrête pas devant l’affiche pour prendre le temps de la lire, il jette un œil et il doit décrypter immédiatement un code de couleur, un visage, un nom, puis un slogan, toute autre information ne peut être lue ou intégrée, encore moins une précision de cet ordre.

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J'ai noté depuis le début février une certaine "accalmie" entre les équipes de collages Bessac/JPB. Le Front de gauche avec son candidat P. Bessac est plus présent et recouvre plus souvent les autres candidats (Laporte, Viprey, Hammadi) que ne le font les colleurs de l'équipe "Ma Ville j'y crois" de J.P. Brard. J'ajoute aussi que le Front de gauche a sorti une nouvelle affiche : Patrice Bessac prit en photographie de groupe (les militant(e)s de sa campagne).

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Le slogan porteur est "de gauche et unis pour le renouveau de Montreuil".Une succession des 3 termes volontairement très identifiants (" de gauche", "unis", "renouveau"). Un "stick" incitatif : "rejoignez-nous" qui colle à cette volonté affirmée par tous les autres candidats - sur leur site Internet et sur leurs affiches- de rendre la campagne "participative". Enfin, les logos des différentes organisations - uniquement connues des réseaux les plus militants- validant le côté "unis". On pourra trouver que le candidat Bessac est un peu perdu dans ce groupe et qu'il est difficilement identifiable. C'est un parti pris intéressant, pour une formation "Front de gauche" très identifiée jusqu'à maintenant autour du seul J.L. Mélenchon, que d'insister sur l'identification à un collectif militant. L'affiche prend à contre-pied la communication électorale, politique et médiatique, centrée sur un seul individu. L'élection municipale qui veut que l'on présente une liste, certes "conduite par", mais une liste tout de même et donc explique et légitimise ce type de communication. Enfin, l'affichage du candidat, ici P.Bessac, par tout un groupe d'individus se veut la démonstration que le dit candidat n'est pas seul, qu'il est soutenu par des personnalités et des citoyen(ne)s de la ville que l'observateur/électeur pourrait éventuellement reconnaître.

 

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12 février 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 3 : la candidate Mouna Viprey

Lire épisodes précédents

Album de photographie à gauche

 

J’ai pour l’instant parlé des collages d’affiches de la liste de Jean-Pierre Brard et celle du Front de gauche emmenée par Patrice Bessac. Après ces deux listes, celle de l’ancien maire communiste de 1984 à 1995, puis soutenu par le PCF et d’un toujours membre de ce parti (Patrice Bessac), j’en viens à m’intéresser aux deux listes socialistes.

Tout d’abord celle conduite par Mouna Viprey : « Elire Montreuil ».

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photographie du panneau devant le Parc Montreau

Candidate, il y a douze ans, aux législatives de 2002, pour le Parti socialiste, Mouna Viprey recueille assez de voix pour se maintenir au second tour contre Jean-Pierre Brard. La droite locale se trouve une fois de plus éliminée au 1er tour. La configuration est propice au duel à gauche, mais la direction du PS abandonne sa candidate au profit d’accords avec le PCF en Seine-Saint-Denis et appelle à voter pour J.P. Brard qui obtiendra aussi le soutien des Verts et des radicaux de gauche. Toutefois, Mouna Viprey recueillera au second tour plus de 47% des voix. Exclue du PS, elle est réintégrée en 2004. En 2007, elle se présente une nouvelle fois face à JPB mais cette fois ne se maintient pas au second tour. Elle est de nouveau exclue en 2008 du PS, après avoir déclaré soutenir Dominique Voynet dont elle sera la 1ère adjointe. En 2010, elle quitte la majorité municipale, dirigée par Dominique Voynet, avec 8 autres élus, manifestant son desaccord sur les nouvelles orientations municipales en matière fiscale, puis créé le groupe Renouveau socialiste à Montreuil (RSM). Aujourd’hui « socialiste dissidente » elle a refusé de s’effacer au profit du candidat officiel Razzy Hammadi et se présente aux municipales de mars 2014.

Mouna Viprey n’est donc une nouvelle tête à Montreuil. En terme d’affiche, l’équipe Viprey a opté pour l’originalité en collant dans la ville une série d’affiche blanche avec un texte court résumant l’une de ses propositions. Ces affiches sont venues rompre le duel « Bessac-JPB » sur le panneau et en général dans la ville. Un grand format pratique et de « marque » rapidement identifiable. La couleur blanche, le slogan comme « Montreuillois le respect vous y avez droit », le visage de la candidate en petit au bas de l’affiche encadré de part et d’autre de son prénom et de son nom, participe d’une volonté exprimée d’apaisement et d’incitation au débat. Une option, un marquage politique que l’on identifie immédiatement. Visiblement décision a été prise de ne pas suivre le rythme donné par les collages successifs « Bessac/JPB ». Cela participe aussi de cette volonté de ne pas brusquer l’observateur-électeur.

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Photographie du panneau, bas du Parc Montreau

Depuis quelques jours, une autre affiche est apparue. Plus classique, de même format que la précédente, imposant le visage avenant de la candidate. Je me suis laissé à  photographier un autre panneau d'affichage. Celui-ci se trouve en bas du Parc Montreau, c'est l'un des 3 panneaux d'affichages situés dans le périmètre de la cité Le Morillon à Montreuil. Le portrait photographique est de qualité et montre une belle femme, refletant à la fois jeunesse et maturité, souriant avec « Mon engagement avec vous » pour unique « mot d’ordre » ou « slogan ». Après les mots, les idées et la sentence morale des précédentes affiches « le respect vous y avez droit », l’équipe « Elire Montreuil » opte visiblement pour afficher le visage en grand de la candidate, recherchant indiscutablement la proximité avec l’observateur/électeur et bien évidemment la « séduction » qui est le propre de la photographie et de la politique…

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20 janvier 2014

Le Panneau à Montreuil, Episode 2 : La candidate de l'UMP à Montreuil

 

Lire : Le panneau à Montreuil, épisode 1 : 1ère photographie

Voir : l'album photographie, colonne de gauche

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Ce matin, en arrivant au Parc Montreau j'ai eu la surprise de découvrir le tout premier collage de la candidate Manon Laporte. Depuis la mi-novembre que je prends en photographie tous les jours ce panneau d'affichage (voir précédant article) les affiches de la gauche s'étaient, jusqu'à maintenant, uniquement toutes succédées (voir album photographies dans la colonne de gauche : "Le panneau à Montreuil"). Enfin, surtout celle des candidats Patrice Bessac et Jean-Pierre Brard auxquelles sont venues quelquefois s'ajouter celles de Mouna Viprey.

Manon Sieraczek Laporte est une avocate fiscaliste de 48 ans et candidate de l'UMP pour les prochaines municipales à Montreuil. "Un vrai défi à relever" pour cette femme de droite dans cette ville très à gauche depuis 1935. Elle succède à Marc Gaulin (huissier de justice), qui fut un certain temps le candidat du RPR à Montreuil et au madeliniste Alain Knoll. En repartant vers mon domicile vers 17h00 j'ai constaté que le Front de gauche, représenté électoralement à Montreuil par Patrice Bessac, avait récollé les affiches de Manon Laporte, dont les colleurs ont eux-même recollé celles de Jean-Pierre Brard.

Manon Laporte, si l'on en croit son affichage, est la "candidate d'union de la droite, du centre et de la société civile" et donc entend s'imposer comme une alternative aux candidats de gauche : Bessac, Brard, Hammadi, Viprey (cités par ordre alphabétique). Le "société civile" s'ajoutant pour nourrir au-délà de cette droite, semble-t-il, rassemblée, l'idée d'un large rassemblement au-delà des partis. Un argument traditionnel invoqué depuis des lustres par la droite qui lorsqu'elle n'est pas "indépendante" est, sans rire, apolitique. Enfin, le spectateur-électeur remarquera toutefois le logo UMP qui situe bien l'appartenance politique de la présente candidate.

Sur l'affiche en elle-même, je n'ai pas grand chose à dire. La facture est classique : un visage avec pour décor une image de la ville. S'agit-il de Montreuil? Je regarderais de plus près. Manon Laporte et son agence de communication ont choisi l'aspect vert de Montreui en tout cas. Bien réél pour une commune qui possède de grandes étendues de parcs et d'espaces verts. Les codes de couleurs de l'affiche de droite sont réunis : le bleu naturellement et le blanc. La pose à la fois détendue, invitant à discuter, le visage avenant me rappelant un p'tit peu, celui de Blanche-neige.

 

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06 janvier 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 1 :1ère photographie

Photographie 1, 27 novembre 2013, 9h00 

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27 novembre 2013, 9h00

Un panneau, un simple panneau d’expression libre à Montreuil, installé sur le boulevard Théophile Sueur à quelques pas de l’entrée du Parc Montreau.

Pourquoi ce panneau tout particulièrement ? Tout simplement parce qu’il est là, à portée de regards et donc du mien depuis qu’il est installé non loin de mon lieu de travail.

Deux jours après la déclaration de Dominique Voynet, maire de Montreuil, à propos de sa non candidature (voir http://dominiquevoynet.eelv.fr/je-ne-suis-pas-candidate ), le panneau fut couvert par deux affiches du candidat Jean-Pierre Brard, tête de liste de « Ma ville j’y crois ». Depuis ce jour les collages se sont succédés signifiant que la campagne des municipales 2014 était lancée. Et chacune des équipes portant leur candidat-e respectif/ve ont décidé de « s’afficher », plus ou moins. L’enjeu étant de « tenir les murs », pour reprendre une expression connue dès lors que l’on parle de cette activité politique et militante qu’est le collage, qui demeure prépondérante à l’heure d’Internet, de Facebook et de Twitter.

La campagne des municipales 2014 a commencé. A Montreuil, on peut même dire qu’elle a commencé, pour celles et ceux, qui n’ont jamais accepté que Dominique Voynet ait pu l’emporter en 2008.

Depuis ce jours du 27 novembre dernier j’ai pris, chaque matin en arrivant à mon bureau, une photographie, et une autre à chaque fois que je le quittais ou dès que je pouvais voir que l’affichage initial avait été remplacé par un autre. A chaque fois ce sont deux photographies que vous verrez pour chacune des séquences d’affichage : un plan général et un plan rapproché. Quelques-unes de ces photographies sont prises en début de soirée. Rarement le week-end sauf lorsque mon activité professionnelle me convoque un samedi ou un dimanche.

J’ai souhaité aussi mettre en ligne ces photographies avec un décalage de quelques jours, ne souhaitant pas devenir, sans le vouloir, un informateur des uns ou des autres et par conséquent être en mesure d’influencer leur « vigilance ». Ce premier post (article) s'ouvre sur l'affiche du candidat Jean-Pierre Brard : c'est uniquement parce que c'est la première photographie que j'ai prise. Vous pouvez voir dans l'album photographique (onglet à gauche) que les autres candidatures et les autres collages sont présents. Au rythme de leur apparition sur le panneau, des collages effectués par les équipes respectives.

Toutefois, cette observation photographique n’est pas neutre bien que non partisane. J’ai moi-même participé à de nombreuses équipes de collage…jadis. Le premier était à Pantin et pour les Européennes de 1984, les derniers lors de la campagne des présidentielles de 2007. Au cours de mon voyage et mon parcours dans la gauche française j’ai fait la connaissance de nombreuses équipes de militantes et militants, avec lesquels j’ai sillonné la Seine-Saint-Denis (Pantin, Pré-Saint-Gervais, les Lilas, Noisy-le-Grand, Montreuil) et Paris avec pour seuls instruments un balai ou une brosse, un seau de colle et des affiches sous le bras, ou dans un coffre de voiture.

Voici une première série de photographies illustrant la bataille pour « tenir les murs », d’autres suivront avec ou sans commentaire et présentation de ma part. J’ajouterais, au fil des semaines, d’autres photographies plus anciennes et d’autres documents relatifs au collage d’affiches, aux campagnes électorales.

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14 septembre 2008

Le Monde ouvrier s'affiche

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Vendredi 12 septembre je présidais à la présentation de l'ouvrage, Le Monde ouvrier s'affiche, publié chez Nouveau Monde que j'ai co-écrit avec Frédéric Cépède (historien et archiviste à l'OURS) pour le Collectif des Centres de documentation en histoire ouvière et sociale (CODHOS). Après une courte présentation de l'ouvrage qui fait suite à une première exposition à Roubaix au Centre des Archives du Travail, nous avons inaugurée l'exposition éponyme consacrée à la représentation de l'ouvrier dans l'affiche syndicale et politique au XXe siècle.

L'exposition était présentée dans une galerie parisienne dans le IVe arrondissement, Galerie Beckel-Odille-Boïcos. Un grand merci aux responsables de cette galerie pour leur accueil et à Charles Myara de Charles Myara&compagnies pour nous avoir accompagné et conseillé depuis plus d'un an.  

Vous pouvez voir un aperçu de l'exposition dans l'album photo et vous rendre sur le site du Codhos (collectif des centres de documentation en histoire ouvrière et sociale) pour en savoir plus....

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