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Quelques jours après que Dominique Voynet ait annoncé qu’elle ne se représenterait, nous étions à la fin novembre 2013, l’équipe autour de Jean-Pierre Brard collait sur le panneau une première affiche « Ma ville j’y crois » et une affiche avec le portrait du candidat. Elle fut recouverte par l’équipe de Patrice Bessac, candidat du Front de gauche. A partir de ce moment-là le panneau fut systématiquement recollé par l’une et l’autre équipe. Le ton était donné et annonçait une concurrence rude entre les deux candidats. Le recollage systématique s’est accompagné durant tout le mois de décembre d’un arrachage tout aussi systématique. Je rappelle que le simple arrachage de l’affiche du « concurrent » ou « adversaire » est assez classique dans les pratiques militantes. Il est même pratiqué parfois par le passant. Arracher une affiche contribue, en effet, à rendre illisible le message et le marquage politique du candidat mais aussi à rendre visible une manifestation d’hostilité. Les équipes politiques autour du candidat veillent donc à ne jamais laisser un panneau sur lequel on peut voir son affiche arrachée ou pire « gribouillée ». On a pu voir d’ailleurs le candidat Patrice Bessac affublé d’un nez rouge de clown, ajouté par le(s) camp(s) adverse(s).

Ce duel par affiche interposée, ne fut que quelquefois interrompue durant le mois de décembre/janvier (comme vous pouvez le voir dans l’album photographique) par un collage de l’équipe « Elire Montreuil- Mouna Viprey », plus rarement par celle de « Montreuil en mouvement – Razzy Hammadi ». L’âpreté qui s’exprime par cette bataille d’affiches illustre parfaitement la nécessité en campagne de « tenir les murs », dont je souligne l’importance dans le premier post sur ce blog. Parce qu’il est nécessaire que l’observateur/électeur identifie parfaitement chaque camp. D’ailleurs c’est pour cela que l’équipe Bessac a jugé nécessaire d’accompagner dans un premier temps ses collages d’un bandeau précisant que « Patrice Bessac » était le seul candidat « Front de gauche », J.P. Brard usant d’une confusion avec son « Front De Gauche Montreuil ». Le panneau d’affichage est-il le lieu pour apporter à l’observateur/électeur cette précision d’ordre politique ? Je ne pense pas. Le passant ne s’arrête pas devant l’affiche pour prendre le temps de la lire, il jette un œil et il doit décrypter immédiatement un code de couleur, un visage, un nom, puis un slogan, toute autre information ne peut être lue ou intégrée, encore moins une précision de cet ordre.

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J'ai noté depuis le début février une certaine "accalmie" entre les équipes de collages Bessac/JPB. Le Front de gauche avec son candidat P. Bessac est plus présent et recouvre plus souvent les autres candidats (Laporte, Viprey, Hammadi) que ne le font les colleurs de l'équipe "Ma Ville j'y crois" de J.P. Brard. J'ajoute aussi que le Front de gauche a sorti une nouvelle affiche : Patrice Bessac prit en photographie de groupe (les militant(e)s de sa campagne).

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Le slogan porteur est "de gauche et unis pour le renouveau de Montreuil".Une succession des 3 termes volontairement très identifiants (" de gauche", "unis", "renouveau"). Un "stick" incitatif : "rejoignez-nous" qui colle à cette volonté affirmée par tous les autres candidats - sur leur site Internet et sur leurs affiches- de rendre la campagne "participative". Enfin, les logos des différentes organisations - uniquement connues des réseaux les plus militants- validant le côté "unis". On pourra trouver que le candidat Bessac est un peu perdu dans ce groupe et qu'il est difficilement identifiable. C'est un parti pris intéressant, pour une formation "Front de gauche" très identifiée jusqu'à maintenant autour du seul J.L. Mélenchon, que d'insister sur l'identification à un collectif militant. L'affiche prend à contre-pied la communication électorale, politique et médiatique, centrée sur un seul individu. L'élection municipale qui veut que l'on présente une liste, certes "conduite par", mais une liste tout de même et donc explique et légitimise ce type de communication. Enfin, l'affichage du candidat, ici P.Bessac, par tout un groupe d'individus se veut la démonstration que le dit candidat n'est pas seul, qu'il est soutenu par des personnalités et des citoyen(ne)s de la ville que l'observateur/électeur pourrait éventuellement reconnaître.