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le Blog Images d'Eric Lafon
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27 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 9 : l'affiche "Ils ont osé!"

La semaine d’entre les deux tours d’une élection municipale est courte politiquement. Avec la date limite de dépôt des candidatures 48 heures après la proclamation des résultats du premier tour, les listes ayant obtenu 10% des suffrages exprimés doivent rapidement choisir entre le maintien et les possibles fusions de listes.

C’est ainsi que les listes Bessac/Dufriche-Soilihi ont décidé de fusionner rejoint par le candidat officiel du Parti socialiste, Razzy Hammadi, tandis que celle conduite par Jean-Pierre Brard (« Montreuil j’y crois ») et celle de Mouna Viprey « Elire Montreuil » ont décidé de se maintenir séparément. La candidate de la droite et du centre, Manon Laporte, quant à elle, forte de son bon score n’a pas eu longuement à réfléchir, seul en lice à droite, le second tour est une opportunité, pour elle, d’améliorer son résultat du premier tour.

Une semaine de campagne donc, c’est trop court pour éditer une nouvelle affiche. Et tous les candidats en lice ont fait recoller leurs affiches de campagne.

A ceci près, que l’affiche de Patrice Bessac s’est alourdie de quelques sigles de partis politiques et d’une kyrielle de sigles plus ou moins inconnus par l’électeur non sans rappeler l’affiche publicitaire pour une course automobile.

P1020674

C’est Jean-Pierre Brard qui a pris l’initiative d’une nouvelle affiche au titre lourd de sens : « Ils ont osé ». L’affiche stigmatise l’accord Bessac/Dufriche-Soilihi/Razzy Hammadi, que l’on voit assis à une table. La photographie est barrée, chapeautée par ce titre « l’alliance Hammadi-Bessac-Dufriche-Soilihi » et légendée : «C’est Voynet qui continue, c’est la politique de Hollande qui s’applique». Au total donc pas moins de 5 noms de personnalités politiques à caractère stigmatisante pour la liste « Montreuil j’y crois » sont citées dans cette affiche. Les trois candidats du premier tour attablé, avec stylo et papier, illustrent à eux seuls les « accords » au sommet, démontrant ici l’incongruité du rapprochement, pire par le « ils ont osé », l’impensable. Illustration pour les auteurs de ce montage (photographie et texte) de la politique politicienne éloignée des préoccupations des électrices et électeurs. Nous sommes ici dans le registre de la dénonciation et de la révélation publique d’un fait que les protagonistes n’ont d’ailleurs pas voulu secret. L’affiche de P. Bessac assume d’ailleurs l’union de ceux qui hier s’affrontaient par voie d’affiches et sur les plateaux de télévisions. A l’intention de l’électeur les auteurs de l’affiche « Ils ont osé » ont ajouté les noms de la maire sortante, Dominique Voynet et du président de la République, François Hollande, auxquels sont associés nos trois protagonistes « surpris » en pleine négociation. La stigmatisation de l’adversaire ou du concurrent jusqu’à la dénonciation du « danger » ou dans ce cas précis « la trahison » qu’il incarne est un procédé souvent utilisé lors des campagnes électorales. Ici, le procédé violent - stigmatiser l'adversaire- participe d’une certaine manière à la dénonciation des « ripoux de la politique », de « l’UMPS » ou il y a quelques temps d’un nécessaire « coup de balai » à donner. Dimanche prochain, les électrices et les électeurs s’exprimeront.

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21 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 8 : Affiches collées le 21 mars 2014

 

Ph_21mars2014_B_8h50

Ce matin 21 mars 2014 à 8h50 le Panneau était recouvert par un bandeau "Mouna Viprey" et côté à côte une affiche de la candidate Manon Laporte et l'autre de la candidate de la liste "Elire Montreuil", Mouna Viprey. On distingue dessous un morceau d'affiche du candidat Front de gauche, Patrice Bessac, et surtout la grande affiche-portrait du candidat Ibrahim Dufriche Soilihi.

Ph_21mars2014_B_10h30

A 10h30 en partant vers un rendez-vous professionnel j'ai pris cette photo du panneau recouvert par les affiches du candidat "Montreuil j'y crois", Jean-Pierre Brard. A mon retour au Parc Montreau à 14h30, le panneau n'avait pas été modifié. Mais à 17h30 en allant prendre le Bus 122 le panneau avait changé de "couleur".

PH_21mars2014_B_17h20

L'affiche du candidat officiel du Parti socialiste, Razzy Hammadi occupe le haut du panneau. Les affiches précédentes de J.P. Brard ont été arrachées, laissant réapparaître le visage de Mouna Viprey. Celui de Manon Laporte a été emporté avec l'affiche de "Montreuil j'y crois".

Cela risque de changer encore dans la soirée et demain toute la journée jusqu'à minuit, heure à laquelle, suivant la loi, les candidat-e-s en lice n'ont plus droit de coller. Devant les bureaux de vote les panneaux électoraux ont été installés et ont accueilli dans l'ordre (après  tirage au sort) les affiches de toutes les listes concurrentes au 1er tour de l'élection municipale. Ces panneaux officiels donnent généralement lieux à diverses expressions allant de l'arrachage pur et simple, aux graffitis de toutes sortes (du plus insultants et grossiers généralement réservés aux candidates aux plus outranciers voir racistes et xénophobes), en passant par quelques opinions inscrites au marqueur elles aussi des plus variées, des plus terre à terre à celles exprimant un vrai point de vue politique.

Alors que le panneau d'expression libre est un des lieux de l'affrontement électoral entre colleurs concurrents et/ou adversaires, le panneau officiel semble plus accueillir et témoigner de l'affrontement entre les "partisans" et militant-e-s des différentes listes. La "dégradation" de l'affiche du panneau officiel participe de cette lutte électorale durant laquelle tous les coups sont permis, d'autant plus qu'elle garantit l'anonymat. Cette dégradation par l'ajout sous forme d'un dessin, d'un mot, d'une phrase, et qui peut demeurer le jour du scrutin joue-t-elle sur l'électrice/l'électeur se rendant au bureau de vote? Ne réaffirme-t-elle pas un peu plus le choix décidé par 2 électeurs/trices sur trois au moment ou il se rend à son bureau de vote? La dégradation peut susciter le rire par son caractère moqueur, le dégoût, la confirmation d'une opinion : une moustache hitlérienne sur le visage de J.M. Le Pen confirme l'électeur/trice de gauche et d'extrême gauche, que le FN est un parti qu'il/elle considère comme fasciste. Dès lors, la dégradation de l'affiche déstabilise-t-elle l'électeur/trice qui se rend aux urnes? C'est peu vraisemblable.

 

20 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 7 : La liste anticapitaliste

A J-4, (mardi 18 mars) du premier tour de l’élection municipale, le panneau « expression libre » à quelque pas de l’entrée du Parc Montreau a changé 3 fois d’affichage en l'espace d'une heure .

Dès le début du mois de mars le rythme d’affichage s’est accéléré et tour à tour ce sont les colleurs de P.Bessac, de J.P. Brard,  d’Ibrahim Dufriche, de Mouna Viprey qui rivalisaient et continuent  de se coller les uns sur les autres. A quelques jours du scrutin la « bataille des murs » auxquels se sont joints quelque fois les colleurs d’affiches du candidat R.Hammadi et ceux de M. Laporte a donc pris un rythme plus soutenu. Il n'est plus utile de le démontrer : l'affichage électoral et la "tenue des murs" demeurent en politique important comme médiation entre "le politique" et "l'électeur".

L’arrachage s’est lui aussi manifesté avec plus de vigueur et continuera jusqu’à l’heure fatidique de l’interdiction de coller soit la veille du scrutin à minuit. Cette intervention brutale sur le collage du concurrent, je l’ai déjà dit, est commune à toutes les campagnes. Il précède généralement la venue d’une équipe pour recoller sur le concurrent, encore plus sur l’adversaire.

Cela dit s’est bien le collage et la tenue du panneau à son profit qui demeure le plus important. Laquelle des équipes de collage aura le dernier mot ? Samedi 23 mars à minuit tout se jouera...et quelques heures après, très certainement. Car il est important de tenir les panneaux de libre expression le jour du scrutin.

Le panneau du Parc Montreau ainsi que tous les autres de la ville se recouvriront peut-être entre les deux tours de deux ou trois nouvelles affiches pour susciter le choix, l’adhésion, « séduire » pour ce faire élire.

PH_24fev2014_A_17h00

La liste soutenue par le NPA

Il n’aura été recouvert qu’une seule fois par la liste Montreuil Anticapitaliste et Solidaire, soutenue par NPA. L’affiche d’un petit format est collée sans en dessous de celle de Razzy Hammadi et pas dessus et recouvre en partie celle de Mouna Viprey, d'ores et déjà recouverte par celle du candidat officiel. D’un plus petit format on la distingue difficilement. On peut lire toutefois l’intitulé dont chaque début de mot forme une initiale pour former comme le nom d’un parti M.A.S illustré d’un point fermé qui n’est pas sans rappeler le graphisme des années 1968, des Ateliers des Beaux-Arts. Soutenue par le NPA (Nouveau Parti anticapitaliste), la liste n’affiche pas volontairement une tête de liste mais 2 porte-paroles : Aline Cottereau et François Mailloux. Ce dernier a été plusieurs scrutins consécutifs le candidat des listes soutenues par la LCR. Une seule affiche collée, un seul collage repéré, une conception amateur, visiblement les moyens engagés ne sont pas les mêmes que ceux des autres listes. En plus, culture révolutionnaire oblige, mêlant antistalinisme d’héritage et tendance anarcho-syndicaliste, il n’est pas question que la tête de liste, en l’occurrence, Aline Cottereau, s’affiche seule. Le titre de « porte-parole » exprime bien d’ailleurs la primauté donné au collectif plutôt qu’à l’individuel. Elle est même accompagné de l'un de ses camarades en la personne de F. Mailloux. Or l’affichage électoral à Montreuil, comme partout en France, a surtout mis en avant la tête de liste. Le Front de gauche y compris qui a tantôt présenté un collectif, tantôt présenté en affiche le seul visage de Patrice Bessac, a, fini par n’afficher que son candidat « tête de liste ».

Ce sont bien des visages clairement identifiés, parfois dans le cas de Mouna Viprey surtout mis en avant, que l’on a pu voir se succéder dans cette bataille d’affiche.

 

2 mars 2014

Le Panneau à Montreuil, épisode 6 : Ibrahim Dufriche Soihili

Après le retrait de Dominique Voynet, les écologistes montreuillois d’EELV se sont mis en quête d’un(e) autre candidat-e. A l’issue d’une primaire, Ibrahim Dufriche Soilihi est arrivé en tête avec 55% des voix.

Entrepreneur de 51 ans, Ibrahim Dufriche Soilihi est d’origine comorienne. Il est le petit-fils adoptif de Marcel Dufriche qui fut maire PCF de Montreuil entre 1971 et 1984. Il est le cinquième candidat issu de la gauche montreuilloise et troisième socialiste en lice avec le candidat officiel du PS, Razzy Hammadi, et l’ancienne candidate PS, Mouna Vipry tête de liste de « Elire Montreuil ». Toutefois, c’est à la tête d’une liste écologiste qu’Ibrahim Dufriche fait campagne. Cela n’a pas empêché quelques jours après sa désignation de voir une neuvième liste, écologique et citoyenne « Montreuil mi amor » se positionner pour les prochaines municipales.

Comorien d’origine, il est avec Razzy Hammadi, le second candidat de la « diversité ». Dans cette ville qu’est Montreuil avec son tissu de populations riches de nombreuses immigrations, cela peut-être un atout, mais aussi un vrai défi à relever vis-à-vis des conservatismes de l’électorat qui se manifestent en France en matière d'identité nationale ayant plus que du mal à accepter la diversité de populations, de cultures, de religions, qui la définissent aujourd’hui, au XXIe siècle.

Mais l’électorat peut aussi apprécier cette diversité qu’il incarne jusque dans l’association de son prénom (Ibrahim) et de son nom (Dufriche-Soilihi) illustrant son histoire personnelle, celle d’un enfant adopté.

Second handicap, à notre avis, de ce candidat : sa notoriété. Il est le moins connu des candidats à gauche, quand bien même qu’il appartienne aux réseaux militants socialistes, et qu’il réside à Montreuil depuis plus longtemps que Razzy Hammadi.

PH_24fev_basPM_C_10h00_bd photographie du panneau situé au bas du Parc Montreau

Aussi, l’originalité de son affiche est un atout. Pas de vue de Montreuil en fond, pas de certitude (« Montreuil j’y crois), ou de volonté (« Elire Montreuil), pas de positionnement (« Montreuil en mouvement ») ou de changement identifié politiquement (« de gauche et unis le renouveau à Montreuil ») mais « une belle IDée pour Montreuil » jouant sur les premières initiales du candidat.

Les couleurs sont choisies harmonieusement (vert, bleu et rouge) pour être discrètes, par simple touche (liseré bordant les contours de l’image et dans les initiales). Les deux lettres « I » et « D » sont alternativement verte ou rouge. La photographie (un portrait très souriant, d’un homme au physique agréable et doux) est décomposé en élément graphique (deux lettrines) : à ce visage l’observateur-électeur ne manquera pas d’associer les deux lettres initiales et le message électoral apaisant, presque apolitique : « une belle idée pour Montreuil ».

26 février 2014, 7h30. En compagnie de Manon Laporte

Dans un paysage riche d’affiches très marquantes, cette dernière se distingue et marque son originalité. C’est indispensable en communication et en marketing politique. A ceci près, que l’originalité ne doit surtout pas vous mettre « à part ». L’originalité doit conduire à l’identification nette et précise au sein du jeu des rivalités et des concurrences, pas vous en exclure.

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