Après le retrait de Dominique Voynet, les écologistes montreuillois d’EELV se sont mis en quête d’un(e) autre candidat-e. A l’issue d’une primaire, Ibrahim Dufriche Soilihi est arrivé en tête avec 55% des voix.

Entrepreneur de 51 ans, Ibrahim Dufriche Soilihi est d’origine comorienne. Il est le petit-fils adoptif de Marcel Dufriche qui fut maire PCF de Montreuil entre 1971 et 1984. Il est le cinquième candidat issu de la gauche montreuilloise et troisième socialiste en lice avec le candidat officiel du PS, Razzy Hammadi, et l’ancienne candidate PS, Mouna Vipry tête de liste de « Elire Montreuil ». Toutefois, c’est à la tête d’une liste écologiste qu’Ibrahim Dufriche fait campagne. Cela n’a pas empêché quelques jours après sa désignation de voir une neuvième liste, écologique et citoyenne « Montreuil mi amor » se positionner pour les prochaines municipales.

Comorien d’origine, il est avec Razzy Hammadi, le second candidat de la « diversité ». Dans cette ville qu’est Montreuil avec son tissu de populations riches de nombreuses immigrations, cela peut-être un atout, mais aussi un vrai défi à relever vis-à-vis des conservatismes de l’électorat qui se manifestent en France en matière d'identité nationale ayant plus que du mal à accepter la diversité de populations, de cultures, de religions, qui la définissent aujourd’hui, au XXIe siècle.

Mais l’électorat peut aussi apprécier cette diversité qu’il incarne jusque dans l’association de son prénom (Ibrahim) et de son nom (Dufriche-Soilihi) illustrant son histoire personnelle, celle d’un enfant adopté.

Second handicap, à notre avis, de ce candidat : sa notoriété. Il est le moins connu des candidats à gauche, quand bien même qu’il appartienne aux réseaux militants socialistes, et qu’il réside à Montreuil depuis plus longtemps que Razzy Hammadi.

PH_24fev_basPM_C_10h00_bd photographie du panneau situé au bas du Parc Montreau

Aussi, l’originalité de son affiche est un atout. Pas de vue de Montreuil en fond, pas de certitude (« Montreuil j’y crois), ou de volonté (« Elire Montreuil), pas de positionnement (« Montreuil en mouvement ») ou de changement identifié politiquement (« de gauche et unis le renouveau à Montreuil ») mais « une belle IDée pour Montreuil » jouant sur les premières initiales du candidat.

Les couleurs sont choisies harmonieusement (vert, bleu et rouge) pour être discrètes, par simple touche (liseré bordant les contours de l’image et dans les initiales). Les deux lettres « I » et « D » sont alternativement verte ou rouge. La photographie (un portrait très souriant, d’un homme au physique agréable et doux) est décomposé en élément graphique (deux lettrines) : à ce visage l’observateur-électeur ne manquera pas d’associer les deux lettres initiales et le message électoral apaisant, presque apolitique : « une belle idée pour Montreuil ».

26 février 2014, 7h30. En compagnie de Manon Laporte

Dans un paysage riche d’affiches très marquantes, cette dernière se distingue et marque son originalité. C’est indispensable en communication et en marketing politique. A ceci près, que l’originalité ne doit surtout pas vous mettre « à part ». L’originalité doit conduire à l’identification nette et précise au sein du jeu des rivalités et des concurrences, pas vous en exclure.